Leçon 1, Chapitre 2

Deux mondes différents

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Les deux états d’esprit que nous venons de voir ont tous deux une perception différente du succès et de l’échec.

Pour les personnes qui ont un état d’esprit fixe, le succès se construit principalement par le regard des autres. Il faut prouver aux autres que l’on est intelligent et talentueux. Le moindre échec peut facilement faire vaciller ce type de personne.

La confiance en soi de ces personnes se base sur leur taux d’échec. Quand les échecs s’accumulent, ils préfèrent éviter des situations où l’échec est possible.

Dans le monde des personnes avec un état d’esprit de croissance, c’est l’inverse.

Le succès provient de sa propre perception. L’objectif est de devenir la meilleure version de soi-même, d’atteindre son plein potentiel.

Ici l’effort et la prise de risque sont positifs.

N’oubliez pas que les états d’esprit sont des croyances. Même s’ils sont puissants, vous pouvez les changer.

Définir le succès

Lorsqu’on naît, apprendre est un mécanisme de survie. Un bébé naît avec des capacités très limitées.

Mais comme il n’a ni peur de l’échec ni du regard des autres, il apprend extrêmement vite.

Par exemple, un enfant ne se réveille pas un beau jour en se disant que marcher est trop compliqué et qu’il va arrêter d’essayer.

Ce genre d’état d’esprit se garde très longtemps chez certaines personnes, mais pour d’autres, c’est tout l’inverse. Très tôt, elles adoptent un état d’esprit fixe.

Elles ont peur de ne pas être perçues comme assez intelligentes, alors elles rejettent les défis et arrêtent progressivement d’apprendre.

Une expérience a été menée auprès d’enfants en leur présentant deux puzzles : un très simple et un difficile. Tous les enfants ont réussi le premier puzzle, le plus simple. On a ensuite demandé aux enfants s’ils voulaient essayer le plus difficile. Certains ont répondu oui et d’autres ont dit qu’ils préféraient refaire le puzzle facile.

Tous les jours, ce choix se produit pour chacun de nous. Certains font le choix de la facilité par peur d’échouer et du regard des autres, alors que d’autres voient des défis qu’ils ont envie de relever.

Voici quelques différences entre ces deux états d’esprit :

  • Les personnes avec un état d’esprit fixe évitent les défis parce qu’elles veulent se sentir intelligentes et avoir le contrôle. Celles avec un état d’esprit de croissance aiment au contraire sortir de leur zone de confort et relever des défis.
  • L’état d’esprit fixe pousse les gens à chercher la perfection. Il faut non seulement réussir, mais le faire à la perfection. Alors qu’avoir un état d’esprit de croissance consiste seulement à se demander si on a progressé ou non. Donc, se comparer à son soi du passé.
  • Les personnes avec un état d’esprit fixe s’attendent à être immédiatement performantes à des niveaux élevés. Elles sont très impatientes et n’acceptent pas que certaines choses prennent du temps. Celles qui sont en croissance savent que l’apprentissage n’est pas linéaire et qu’il n’est pas égal en fonction du sujet.
  • L’état d’esprit fixe c’est vouloir être validé par les autres. Alors que les personnes avec un état d’esprit de croissance demandent des avis extérieurs pour apprendre et non pas pour se juger.

La peur de l’échec

Les personnes qui ont un état d’esprit fixe pensent que l’échec les détermine, que c’est leur identité tout entière.

Ce qui peut être évidemment très dangereux, y compris pour les personnes qui ont réussi par le passé. Certains entrepreneurs, sportifs ou artistes ont très peur de prendre des risques après une grande réussite. Un potentiel échec balayerait ce succès.

Alors ces personnes finissent par éviter les risques, tricher ou encore rejeter constamment la faute sur les autres.

Une étude a été menée auprès d’étudiants pendant les résultats d’un contrôle. Les réactions face aux notes ont montré très rapidement l’état d’esprit de ces élèves.

Parmi ceux ayant une mauvaise note, certains élèves préféraient regarder ceux avec une moins bonne note pour se sentir supérieurs. Alors que d’autres préféraient parler avec ceux avec une meilleure note pour chercher comment s’améliorer.

La valeur de l’effort

Pour inculquer aux enfants la valeur de l’effort, nous leur enseignons des histoires comme celle du lièvre et de la tortue.

Mais les enfants qu’on éduque avec un état d’esprit fixe retirent une leçon différente de cette histoire : l’effort est pour ceux qui manquent de talent. Ils préfèrent être le lièvre rapide et talentueux que la tortue qui n’a réussi que parce que le lièvre a échoué.

Un lièvre plus intelligent aurait battu une tortue sans talent.

Mais penser de cette façon peut avoir de lourdes conséquences. Une étude de l’Université Duke a révélé beaucoup d’anxiété et de dépression chez les étudiants qui aspiraient à la «réussite sans effort».

L’effort devient presque effrayant pour les personnes avec un état d’esprit fixe, parce que :

  • Les génies ne sont pas censés avoir besoin de faire des efforts.
  • Si vous faites des efforts, mais que vous échouez, alors vous n’avez aucune excuse. Alors que si vous échouez sans réellement faire d’effort, vous pouvez dire «si j’avais voulu, j’aurais pu…»

La grande joueuse de tennis Billie Jean King a dit un jour : quand vous regardez en arrière votre vie, vous pouvez vous dire l’une de ces deux choses : «J’ai tout donné» ou «J’aurais pu être…».

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